L’élan donné par l’association de Mathieu Selmi-Etienne a permis de faire entrer le 7 dans le monde du rugby professionnel sudiste. (Crédit photo : South Sevens)

Le 7 comme outil de pratique pour développer les joueurs, de plus en plus de clubs professionnels commencent à y comprendre l’intérêt. Du côté de la Ligue Sud PACA, c’est en tout cas le chemin emprunté depuis 2019 par Provence Rugby avec les South Sevens, l’association référente en ce qui concerne le rugby à 7 dans cette partie de la France. Un rapprochement audacieux qui a permis d’amener le 7 dans le monde du rugby professionnel, et ce, quelques temps avant la période covid : “On a lancé l’association en 2019”, précise Mathieu Selmi-Etienne, président des South Sevens. “Lors d’un match, un peu par hasard, je me suis retrouvé à être arbitré par le directeur du centre de formation de Provence Rugby, Frédéric Gracianette. Après la rencontre, nous avons discuté et je lui ai parlé de notre ambition de développer le rugby à 7 dans la Ligue Sud et de représenter la région au plus haut niveau. On s’est recontactés par la suite et on a commencé à mettre en place un partenariat”. Pour marquer le pas avec le club de Pro D2, les South Sevens ont ainsi été invités à mettre en place une démonstration à la mi-temps d’une journée opposant Provence Rugby à Oyonnax. 25 joueurs ont participé à l’animation, un franc succès ! L’aventure était lancée…

Mathieu Selmi-Etienne portant le maillot des South Sevens avec Fabien Cibray (entraîneur de Provence Rugby). Crédit photo : South Sevens.

De l’animation au partenariat

Une première approche bénéfique pour les deux partis qui sont rapidement passés au niveau supérieur et à la case plus “institutionnelle” : la convention de partenariat. Signée en 2020 par les deux présidents, elle permet aujourd’hui aux South Sevens de bénéficier de plusieurs avantages pour préparer leurs tournois dans les meilleures conditions, tout en inculquant la discipline aux joueurs d’Aix-en-Provence, libérés selon leurs disponibilités : “En fonction de leur planning, ils peuvent nous mettre à disposition leur complexe”, poursuit Mathieu. “En plus des infrastructures, ils nous libèrent également les joueurs espoirs et professionnels selon leurs disponibilités. Mais aussi en fonction de nos besoins ! Pour ceux qui sont venus avec nous, le directeur du centre de formation était très content, car ils avaient énormément progressé techniquement. On est donc sur un échange gagnant-gagnant. […] Concernant cette année, nous avons déjà ciblé 6 joueurs espoirs qui sont aujourd’hui partants, ainsi que Provence, pour disputer des tournois avec nous. 3 joueurs du groupe professionnel en manque de temps de jeu pourraient également intégrer le groupe…”. Une convention qui stipule également la mise à disposition de minibus pour les tournois, un geste non-négligeable pour l’association, ainsi que des démonstrations régulièrement organisées comme cela va être le cas sur la fin de saison, puisque les South Sevens officieront à la mi-temps des trois dernières rencontres de Provence Rugby, accompagnés par leurs clubs partenaires tels que la Fédération Monégasque de Rugby. Aix-en-Provence, un point central pour les “South” qui rassemblent des joueurs de toute la région. Un rapprochement clé qui avait également permis aux septistes d’intervenir en tant qu’officiers de liaison sur l’étape de l’In Extenso Supersevens organisée l’été dernier.

De la Pro D2 au Top 14

Les South Sevens ne se sont pas arrêtés là, puisque qu’après Provence Rugby, des discussions ont également été menées avec le Rugby Club Toulonnais, autre club phare de la région. Un engouement ayant émané de la réussite aixoise : “Pour ce qui est de Toulon, nous nous sommes contactés l’été dernier, car ils voulaient vraiment faire un partenariat autour du 7 avec nous”, explique Mathieu. “Ils avaient notamment vu ce que l’on avait avec Aix et que cela avait bien marché. Du coup, nous allons fonctionner un peu pareil avec eux. Nous allons avoir accès aux terrains du Campus sur demande, des joueurs espoirs également à disposition et nous pouvons aussi mettre en place des entraînements en commun avec eux. Ce qui permettrait aux joueurs espoirs de s’entraîner à 7, mais également à Olivier Beaudon (entraîneur du RCT lors de l’In Extenso Supersevens) de pouvoir potentiellement repérer quelques gars. Il nous avait notamment contacté pour Saimone Qeleca avant qu’il parte avec Monaco pour les étapes estivales…”.

Saimone Qeleca, révélé par les South Sevens et présent avec Monaco lors de l’In Extenso Supersevens. (Crédit photo : Monaco Rugby Sevens)

Un objectif fixé et désormais atteint par les South Sevens qui travaillent aujourd’hui main dans la main avec les deux plus grosses entités de la région. Un gain en termes de visibilité pour eux, mais également pour les clubs professionnels qui, au-delà de l’impact médiatique du Supersevens, peuvent faire aujourd’hui rentrer le 7 et le monde amateur qui le chérit, au sein de leurs structures. Une stratégie à double-enjeu encouragée par Mathieu Selmi-Etienne, persuadé aujourd’hui de ses bienfaits : “C’est quelque chose qui devrait être plus développé. Les associations de rugby à 7 et les clubs professionnels ont tout à y gagner”.