Les Français sont passés tout proches de remettre la main sur le trophée. Mais celui-ci a terminé dans les mains des Pumas Sevens ainsi que des Black Ferns Sevens pour la troisième fois consécutive. (Crédits photos : World Rugby)
France 7 et Hong Kong, une belle histoire d’amour qui continue de durer…Sur le podium lors des quatre dernières éditions (2019, 2022, 2023 et 2024), les Bleus ont récidivé dans le tout nouveau Kai Tak Sports Park en s’offrant une troisième finale dans la Mecque du rugby à 7. Et pourtant, les Français sont revenus de loin dans ce tournoi mal embarqué. Surpris d’entrée par la Grande-Bretagne (12-7), malgré le premier essai sur le circuit de Yerim Fall (élu révélation du tournoi), les joueurs de Benoît Baby chutaient à nouveau contre l’Espagne (19-12) en toute fin de rencontre pour terminer une première journée manquée lors de cette cinquième étape. En difficulté également face au Kenya lors du dernier match de poule, les Bleus se qualifiaient in extremis pour les quarts de finale grâce à un essai de Matéo Garcia (14-7).
La révolte était alors sonnée face à la Nouvelle-Zélande. Pourtant menés à la mi-temps, les coéquipiers de Paulin Riva, et notamment les novices cette saison, démontraient toute leur hargne pour revenir dans le match tout d’abord puis l’emporter. Grégoire Arfeuil dans un premier temps, inscrivant un doublé sur le coup d’envoi du second acte, puis Joe Quere Karaba lancé tout en puissance à 5 mètres de la ligne d’en-but (21-14). Pas question pour les Bleus de s’arrêter alors dans leur lancée, même face à la menace fidjienne. Après un chassé-croisé haletant entre les deux finalistes olympiques, ce sont bien les joueurs de France 7 qui finissaient par avoir le dernier mot. Matéo Garcia endossait à nouveau sa tenue de sauveteur pour contrôler puis aplatir le ballon dans l’en-but fidjien, envoyant ainsi son équipe jouer une troisième finale à Hong Kong !

Malheureusement, jamais deux sans trois, France 7 doit s’incliner face à l’Argentine (12-7) et voir l’or lui échapper pour la troisième fois dans cet endroit mythique du rugby à 7 mondial. Les Bleus ont pourtant tenu face aux Pumas Sevens déjà vainqueurs à Perth et à Vancouver. Mais malgré un score de 0-0 à la pause, les Français, réduits à 6 suite à un carton jaune reçu par Liam Delamare, finissaient par craquer à deux reprises. La première face à Santiago Alvarez servi idéalement à quelques mètres de la ligne, puis dans la foulée face à la vitesse de Marcos Moneta, ayant profité de la supériorité numérique pour faire parler ses cannes. Grégoire Arfeuil venait finalement inscrire le seul essai français après la sirène, pour l’honneur. Réaction tricolore néanmoins encourageante après le revers de Vancouver (huitième place). Une médaille d’argent qui propulse les joueurs de France 7 à seulement deux points du Top 4, les Sud-africains étant complètement passés à côté lors de ce tournoi (neuvième place).
Pour l’Argentine, ce nouveau succès confirme sa forme impériale sur cette fin de saison. Troisième trophée consécutif pour les Pumas Sevens plus que jamais leaders du circuit mondial. L’Australie s’empare de son côté de la médaille de bronze face aux Fidji et reste dans le sillage de la France au classement général. Les Fidjiens se consolent eux en récupérant la deuxième place provisoire devant l’Espagne, seulement sixième ce week-end. Son plus mauvais résultat depuis le début de la saison.

On a cru pendant longtemps à une deuxième double médaille française comme à Cape Town. Malheureusement pour France 7 Féminin, les Canadiennes ont pris leur revanche sur le tournoi de Perth en remportant cette fois-ci le bras de fer face aux Bleues. Les joueuses de Romain Huet ont pourtant tiré les premières lors du match pour la médaille de bronze, grâce à Hawa Tounkara, intenable tout au long de ce tournoi (7-0, 2′). Alycia Christiaens avait ensuite répondu aux deux essais canadiens, avant que Valentine Lothoz ne vienne remettre les Françaises en tête (17-14, 10′). Mais Sabrina Poulin inscrivait le dernier essai salvateur pour le Canada, avant que la défense des filles en rouge n’ait finalement raison des Bleues dans les derniers instants.
Un tournoi malgré tout réconfortant pour ce groupe perturbé à Vancouver par le résultat sportif et la grave blessure d’Anne-Cécile Ciofani. La confiance en soi a ainsi été rapidement retrouvée avec trois victoires en phases de poules face à la Grande- Bretagne (22-12), les Fidji (24-14) et l’Irlande (17-12). Des matchs rondement mentés ayant notamment permis aux nouvelles joueuses de s’exprimer comme Océane Buisson et Romane Ménager, qui ont connu leur premier essai sous le maillot du 7. Le symbole de cet état d’esprit retrouvé ? La victoire cinglante en quart de finale face au Japon 34 à 0 avec six essais à la clé. De quoi conclure deux premières journées de pur bonheur.
Mais comment souvent cette saison, la marche était encore trop haute pour atteindre la finale. Comme les autres formations ayant croisé la route de l’Australie et de Maddison Levi ce week-end, les Bleues ont subi les coups de poignards de la meilleure joueuse 2024, ayant inscrit un triplé dans cette demi-finale pour donner la victoire aux siennes (28-5). Les Françaises ont pourtant tout donné pour se relever, mais elles doivent se contenter de la quatrième place à Hong Kong. Un résultat qui leur permet de conserver la troisième place à ce jour, avant la dernière étape qualificative à Singapour.

Inarrêtables sur cette fin de saison, les Black Ferns Sevens ont été les seules capables de stopper la furia australienne. À l’image du retour stratosphérique de Michale Brake sur Maddison Levi ayant évité un essai décisif lors de cette finale. Les Néo-Zélandaises ont malgré tout été mises en difficulté face à leurs grandes rivales, mais ont fini par s’en sortir 26 à 19 grâce à un doublé de Jorja Miller en seconde période, élue joueuse de la finale. Comme les Pumas Sevens, la Nouvelle-Zélande remporte son troisième trophée consécutif cette saison et s’impose également pour la troisième fois d’affilée à Hong Kong.
Seules en haut du tableau, les Néo-Zélandaises et les Australiennes ne peuvent d’ores et déjà plus être rejoints par les autres équipes. Dans le bas du classement, si les barrages sont aujourd’hui décidés chez les garçons (Kenya, Uruguay, Irlande, États-Unis), la bataille fera rage sur le circuit féminin entre les Fidji (septième, 38 points), la Grande-Bretagne (huitième, 37 points) et le Brésil (neuvième, 32 points) pour éviter la dernière place de barragiste. Le tournoi de Singapour du week-end prochain sera la dernière chance pour ces équipes de se qualifier pour le tournoi final de Los Angeles les 3 et 4 mai dont l’ensemble des formations seront connues ce dimanche…
