Place à la première des trois étapes finales ce week-end à Hong Kong, où le format à 12 équipes fait son retour. (Crédit photo : World Rugby)
Le Hong Kong Sevens fête son 50eme anniversaire ! Et quoi de mieux pour célébrer cet événement historique pour le 7s mondial que de recevoir la première étape du HSBC SVNS World Championship ? Si le SVNS 1 et le SVNS 2 sont arrivés à leur terme cette saison, le circuit poursuit sa route avec une nouvelle compétition à 12 équipes sur chaque tableau : les 8 permanentes ainsi que les 4 meilleures du SVNS 2. L’objectif pour ces nations, décrocher le titre au cumul des points sur les trois étapes : Hong Kong (17-19 avril), Valladolid (29-31 mai) et Bordeaux (5-7 juin). Pour d’autres, la mission sera d’obtenir une place dans le top 8 et de participer au SVNS 1 l’an prochain, car les quatre dernières équipes descendront en SVNS 2 pour la saison 2026-2027.
Étincelante cette saison avec cinq victoires en six tournois, la Nouvelle-Zélande s’annonce comme la grande favorite sur le circuit féminin. Les Black Ferns Sevens ont dominé sans conteste le SVNS 1 et seront la cible à abattre sur cette fin de saison. L‘Australie, deuxième du classement général, s’accroche pour les faire tomber et les compteurs seront remis à 0 à l’occasion de ce nouveau championnat, leur laissant l’occasion d’y croire. Derrière, la bataille pour la troisième place fait rage entre les États-Unis et la France. Si les Bleues ont décroché deux médailles de bronze cette saison, la tournée nord-américaine leur a fait défaut, voyant les Américaines s’emparer de la troisième place au classement. Opposées dans la même poule sur ce nouveau format de compétition, la chance sera donnée aux Françaises de prendre leur revanche, pour s’assurer également d’éviter la Nouvelle-Zélande et l’Australie en quarts de finale. La concentration devra être au maximum, car tous les points vont compter.
Pour ce faire, Romain Huet a reconvoqué du lourd en commençant tout d’abord par Anne-Cécile-Ciofani, la meilleure joueuse du monde 2021 qui n’est plus apparue depuis treize mois avec le groupe. Revenue d’une longue blessure, son expérience et son leadership sur le terrain seront des atouts majeurs pour France 7 Féminin sur ce tournoi. L’impact de Lili Dezou, absente de la précédente tournée devrait avoir aussi son effet. La capitaine des Bleues a réalisé un début de saison de très haut niveau et aura à coeur d’emmener son équipe vers les sommets sur ce circuit. Autre olympienne, Chloé Jacquet retrouvera également ses coéquipières, elle qui avait basculé à XV depuis les Jeux Olympiques de Paris 2024. Championne de France avec le LOU Rugby lors de la finale de l’In Extenso Supersevens 2025, elle n’a rien perdu de sa faculté à être décisive sur le terrain. Kelly Arbey et Léa Trollier déjà apparues à plusieurs reprises cette saison, réintégrent elles aussi l’effectif en vue de ce tournoi d’Hong Kong. Les Bleues débuteront par l’Argentine et l’Espagne ce vendredi avant d’affronter les États-Unis très tôt ce samedi matin (heure française).
Si la lutte pour le top 3 devrait principalement se jouer entre les États-Unis et la France, attention tout de même à ne pas sous-estimer le Canada, le Japon, et les Fidji. Si ces équipes ont été bien moins régulières cette saison, elles ont parfois réussi à se hisser dans le dernier carré et pourraient s’amuser à jouer les troubles-fêtes dans ce championnat. Derrière, une seule place devrait se jouer entre cinq nations : la Grande-Bretagne, l’Argentine, l’Espagne, l’Afrique du Sud et le Brésil. Seules membres du SVNS 1, les Britanniques ont terminé à la dernière place de l’ensemble des tournois et se retrouvent aujourd’hui en grande difficulté. D’autant que les nations du SVNS 2 arrivent conquérantes comme c’est le cas des surprenantes argentines, vainqueures de deux étapes à Nairobi et Montevideo. L’Espagne et l’Afrique du Sud ont elles assuré leur place au classement général et ont réalisé le minimum syndical pour rejoindre l’aventure du HSBC SVNS World Championship. Pour les Brésiliennes, en revanche, l’affaire a été plus complexe puisqu’elles ont obtenu leur ticket sur la dernière étape en remportant le tournoi de São Paulo, contre toute attente.


Le tournoi masculin risque lui en revanche d’être plus homogène. Si les Sud-africains ont remporté le HSBC SVNS 1 au nez et à la barbe des Fidjiens, tout sera relancé sur ce nouveau circuit. Déjà vainqueurs l’an dernier, les Blitzboks seront bien évidemment favoris mais les joueurs du Pacifique n’ont pas dit leur dernier mot, eux qui ont terminé dans le top 3 sur chacun des rendez-vous cette saison (seule équipe à l’avoir fait). La surprise pourrait également venir de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande. S’étant invitées dans le top 4 cette saison et ayant maintenu des performances régulières, les deux nations pourraient bien participer elles aussi à la fête. Mais pour cela, il faudra tout d’abord s’extraire d’une poule particulièrement relevée à Hong Kong avec les États-Unis et le Kenya.
Pour les Bleus, la poule paraît plus abordable au premier abord puisque la France affrontera l’Allemagne, la Grande-Bretagne et les Fidji. Néanmoins, les joueurs de Benoit Baby ont besoin de regagner de la confiance après trois derniers tournois peu aboutis (7ème à Perth, 6ème à Vancouver, 5ème à New York). Si Stephen Parez-Edo manque toujours à l’appel, les Français pourront s’appuyer sur Enahemo Artaud, l’un des leaders de jeu de ce groupe, de retour après sa convalescence. Particulièrement décisif la saison dernière, Grégoire Arfeuil rejoint également l’effectif, lui qui est actuellement en très grande forme avec Pau cette saison (18 matchs, 10 essais). Sa capacité à gagner les duels et à récupérer les ballons en l’air seront un atout majeur pour le groupe. Apparu pour la première fois à Cape Town en décembre, Diego Miranda aura lui aussi l’occasion de refouler la pelouse du circuit mondial et de briller à nouveau avec les Bleus du 7.
D’autant que la compétition sera rude ! Derrière, les Argentins poussent pour retrouver leur meilleur niveau. Les Pumas 7s se sont rassurés sur la tournée nord-américaine en terminant cinquièmes à Vancouver et troisièmes à New York. Après deux échecs si près du but, ils convoitent désormais ce titre plus que personne. Mal embarqués, les Espagnols ont tout de même réagi en rejoignant la finale à Vancouver, pour la première fois cette saison. Un sursaut d’orgueil avec Valladolid en ligne de mire ne serait pas si étonnant de leur part. En revanche, comme sur le tableau féminin, la Grande-Bretagne semble plus en difficulté, elle qui n’a jamais rejoint le dernier carré cette saison.
Les Britanniques sont donc également en danger et pourraient perdre leur place sur le circuit à l’issue des trois tournois. D’autant que de sérieux concurrents rejoignent l’aventure. En commençant par les États-Unis et le Kenya, deux nations historiques du circuit qui voudront réaffirmer leur place dans l’élite du rugby à 7 mondial. Tout comme l’Uruguay, qui alterne les montées et les descentes ces dernières années. Pour l’Allemagne en revanche, ce sera une occasion en or de rejoindre pour la première fois les équipes permanentes. Vainqueurs de la première étape du HSBC SVNS 2 à Nairobi, les Allemands ont affirmé leurs ambitions, eux qui viennent de disputer les deux derniers barrages sur les étapes finales. Une équipe en constante progression qui n’a jamais semblé aussi proche d’obtenir une place parmi le gratin du sevens international.

