Le président de la Fédération Française de Rugby, Florian Grill, a dressé un premier bilan très positif de cette première édition du Bordeaux SVNS (Crédit photo : Antoine Saillant).

Président, quel regard portez-vous sur ce retour du SVNS en France ?

Florian Grill : Le bilan est super. La dernière fois à Toulouse, ça datait d’il y a quelques années, on avait fait 35 000 spectateurs sur trois jours. Là, on est à 60 000 personnes donc c’est une vraie satisfaction. Je regarde aussi beaucoup le volet sportif et les équipes sont très contentes parce qu’il y a les hôtels à proximité, le Vélodrome à disposition, les terrains d’entraînement proches. On s’est battu après le titre olympique auprès de World Rugby pour qu’on retrouve du rugby à sept en Europe car pour nous c’était indispensable. On a choisi Bordeaux parce que c’est mondialement connu. On trouve que ça avait de la gueule que ça se passe ici et que ça puisse attirer un public international. Je pense que sur cette base là, on peut vraiment capitaliser. On a un bail de trois ans mais l’objectif est de le prolonger. On a envie de remplir le stade sur les prochaines années, il y a de quoi faire. Cette unité de lieu est une force et l’attractivité de la ville de Bordeaux en est une autre.

Le stade Atlantique est entouré de terrains de rugby, le parvis est immense pour accueillir le village, peut-on s’attendre à voir le tournoi évoluer dans le style du Dubai Sevens avec d’autres compétitions autour ?

Florian Grill : C’est l’objectif. On a vraiment envie que Bordeaux devienne un peu comme Hong Kong et Dubai, une étape référence du Circuit mondial. J’ai été sur ces tournois cette année justement pour m’imprégner de tout ça. On voudrait faire des compétitions amateurs autour et faire une grande fiesta. On parlait aussi avec la ville et la CCI de comment on pourrait encore mieux animer le centre-ville. Je pense qu’on a posé de très beaux jalons. On explose le record d’affluence et de billetterie. On double pratiquement l’affluence et ont multiplie par deux et demi la billetterie. Le 7 est en train de monter en puissance et il contribue au développement du rugby au sens large. On sait qu’avec les Jeux Olympiques, on a attiré un public plus jeune, plus féminin. Là on attire aussi un public plus jeune, plus féminin, plus ouvert car c’est plus facile d’accès. Le 7 est ultra intéressant, on voit jouer le Kenya, l’Espagne, l’Allemagne, je trouve ça juste incroyable car on n’est pas encore vraiment un sport mondial. Le 7 est un levier majeur de développement du rugby dans le monde.

Il y a plusieurs stars françaises qui ont montré leur envie de rejoindre l’équipe de France à sept pour les prochains Jeux Olympiques, de quel oeil voyez-vous cela ?

Florian Grill : Très bien. Moi je suis ravi que des grands noms du rugby aient envie de faire du rugby à sept. C’est quelque chose de très positif. On est très ouvert à ça. Bien sûr, il y a des discussions à mener mais le 7 est en train d’enthousiasmer le pays. Les audiences montent, les affluences montent et la fête est au rendez vous. Et puis les Bleus sont au rendez vous aussi. Ça avait été pratiquement ma première décision de président, de permettre de créer les conditions pour que Antoine Dupont puisse faire les Jeux olympiques. On regardera les conditions, bien sûr, parce qu’on reste attentif à tout mais c’est enthousiasmant de voir que tout le monde s’y intéresse. Et puis c’est bien aussi de voir que les clubs de rugby à quinze tirent beaucoup de profit du rugby à sept, parce qu’on voit des joueurs qui progressent et qui percent aussi après être passés par cette discipline. Vous savez que j’aime parler du rugby amateur, mais dans le rugby amateur, les catégories cadets, cadettes, juniors s’intéressent énormément au rugby à sept. Là aussi, on structure, on organise. Il nous fallait cette étape et je suis très content que ce soit une réussite.

Le nom de Louis Bielle-Biarrey a beaucoup circulé cette semaine pour rejoindre France 7, l’ailier du XV de France et de l’UBB ferait un bon joueur de Sevens ?

Florian Grill : Oui, ça paraît assez évident. La réponse est dans la question. Je pense que Louis serait un excellent joueur de rugby à sept. Vous savez, tout doit partir des joueurs et de leur envie sportive. Antoine Dupont a considérablement bénéficié au rugby mais les Jeux olympiques lui ont aussi beaucoup apporté. C’est un coup de projecteur phénoménal. Les joueurs ne sont pas fous, ils ont compris aussi l’intérêt que ça représente. Et puis, c’est un sacre sportif qui est juste incroyable. Moi je suis content que le rugby puisse avancer avec des monuments historiques comme le Tournoi des Six Nations, la Coupe du monde, le Championnats des nations, les Jeux Olympiques mais aussi ces étapes du HSBC SVNS qui sont ultra intéressantes et qui commencent à attirer de plus en plus de monde.