Les équipes australiennes ont dominé les débats lors de l’avant-dernière étape du HSBC SVNS World Championship en Espagne. (Crédits photos : World Rugby)

Les Aussies donnent le ton avant le dénouement de cette saison 2025-2026 à Bordeaux. Du côté de Valladolid, les équipes australiennes de rugby à 7 ont réalisé l’exploit de remporter les deux compétitions masculines et féminines simultanément, ce qui n’était plus arrivé depuis Sydney 2018 ! C’est notamment la troisième victoire consécutive en Espagne pour l’équipe féminine australienne après Séville en 2022 et Madrid en 2024.

Ce succès est d’autant plus retentissant pour les Australiennes puisqu’elles avaient sombré contre les États-Unis dans leur ultime match de poules ce samedi (10-14). Mais relancées face à la France en quarts (21-5), malgré la blessure de Maddison Levi, elles se donnaient le droit de disputer les demi-finales et de retrouver les Néo-Zélandaises. Battues lors des six dernières confrontations, les Aussies laissaient cette fois-ci parler leur coeur et leur hargne pour remporter ce duel. Pourtant mal embarquées en première mi-temps (7-21), elles réagissaient dans le second acte grâce au réalisme de leurs facteurs X et la précision de leur buteuse. Heidi Dennis, Faith Nathan et Kaitlin Shave passaient tour à tour la ligne, tandis que Tia Hinds convertissait l’ensemble des assauts australiens. 28 à 26, l’Australie écartait la Nouvelle-Zélande à la grande surprise pour rejoindre la finale et affronter les États-Unis. Le plus dur étant fait, les Australiennes n’allaient pas ralentir le rythme dans ce dernier round. Portées par deux doublées d’Heidi Dennis et de Faith Nathan, à nouveau décisives, elles dominaient outrageusement des Américaines complètement dépassées. Teagan Levi apportait la cerise sur le gâteau pour une large victoire 27 à 14 qui consolait les Aussies, après avoir perdu leur superstar en début de tournoi. Une victoire qui les propulse à la première place du circuit féminin, la Nouvelle-Zélande ayant terminé troisième après sa démonstration contre le Canada (50-14). Avec deux points d’avance sur les Black Ferns Sevens, les Australiennes ont relancé les débats pour le titre et la compétition reste ouverte à l’approche du Bordeaux SVNS.

Côté français, le tournoi avait bien démarré à Valladolid, mais la journée de samedi a été plus que difficile pour les joueuses de Romain Huet. Après deux victoires contre la Grande-Bretagne (34-0) puis l’Espagne (33-7), les Bleues s’écroulaient face au Canada lors du dernier match de poules, secouées notamment par le doublé d’Olivia Apps (7-24). Battues également en quarts, elles disputaient finalement la cinquième place ce dimanche face au Japon. Motivées à l’idée de ne pas laisser trop de points en route, elles réalisaient un match appliqué pour l’emporter 29 à 12, bien aidées par deux essais de la fusée Alycia Christiaens. Une cinquième place qui limite la casse puisque les Françaises seront en mesure de jouer le top 3 à Bordeaux, ce qui laisse place au suspens. L’affaire se complique en revanche pour le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Argentine et la Grande-Bretagne, déjà distancées par le top 8 et l’Espagne notamment, qui compte cinq points d’avance sur les Brésiliennes, premières reléguées pour l’instant.

Le tableau masculin reste également ouvert même si les Australiens ont créé la sensation du côté de l’Espagne ! Fanny de titres cette saison et seulement sixième à Hong Kong, l’Australie a bien réagi en déjouant tous les pronostics à Valladolid pour s’imposer à l’Estadio José Zorilla. Accrochés en poules, les Aussies s’en sortaient malgré tout avec trois victoires face au Kenya (15-10), à la Grande-Bretagne (26-21) et à l’Afrique du Sud (24-14) pour terminer en tête de leur groupe. Opposés à nouveau au Kenya en quarts, ils réalisaient cette fois-ci un match plus sérieux pour l’emporter aisément 21 à 0, grâce notamment au doublé de leur maître à jouer Maurice Longbottom. La demi-finale face aux Fidji allait elle être d’un autre calibre, mais les Australiens s’en sortaient à nouveau dans une rencontre très serré. Cette fois-ci, c’est l’expérimenté Henry Hutchinson qui dénouait la situation et marquait par deux fois pour envoyer son équipe en finale (21-14). Il fallait désormais concrétiser ce parcours face aux Sud-Africains, vainqueurs des quatre derniers tournois. Si les Blitzboks débutaient parfaitement cette rencontre par deux essais de Shilton Van Wyk et Sebastian Jobb, l’Australie réagissait pour revenir à égalité à la pause grâce à James Turner et Ethan McFarland (14-14). Bien plus tranchante, elle continuait sur sa lancée pour planter deux nouveaux essais signés Ben Dowling et Henry Hutchison et se mettre à l’abri (26-14). Malheureusement, un carton rouge reçu par James Turner allait mettre les Aussies sous pression pour les dernières minutes. Mais vaillants en défense, les Australiens n’encaissaient un essai qu’en toute fin de partie par Gino Cupido, trop juste pour permettre à l’Afrique du Sud de l’emporter. Victoire à l’arrachée 26 à 19 et premier tournoi remporté cette saison par l’Australie qui grimpe sur le podium. L’Afrique du Sud conserve de son côté la tête, juste devant l’Argentine qui a terminé à la troisième place de cette avant-dernière étape en ayant battu les Fidji pour la médaille de bronze (27-18).

L’écart se creuse en revanche pour les Bleus. Malgré deux victoires in extremis en poules contre l’Espagne (24-19) et les États-Unis sur le même score, pour une défaite contre les Fidji (12-26), les Français se retrouvaient troisièmes et étaient amenés à affronter l’Argentine en quarts. Auteurs d’une entame compliquée, les joueurs de Benoit Baby se réveillaient en seconde période, mais le doublé de Nelson Épée et l’essai d’Enahemo Artaud furent trop juste pour rejoindre le dernier carré (19-21). Un goal-average désavantageux envoyait ainsi la France jouer la septième place face au Kenya, comme à Hong Kong…Mais cette fois-ci, pas question de terminer sur une mauvaise note ! Portés par un doublé d’Enahemo Artaud, les Bleus s’imposaient 14 à 5 et relevaient la tête avant de basculer sur Bordeaux. Malgré tout, ils possèdent aujourd’hui un retard conséquent de douze points sur la Nouvelle-Zélande, sixième…Pour autant, la zone de relégation semble s’éloigner. La France et le Kenya ont aujourd’hui un matelas confortable de huit points sur l’Uruguay neuvième, tandis que l’Allemagne, les États-Unis et la Grande-Bretagne suivent péniblement derrière et devront créer un exploit à Bordeaux pour éviter le SVNS 2.